Chronique paroissiale de Samoëns 1934

Publié le 25 Février 2017

Source : bulletin paroissial mensuel de SAMOENS de décembre 1934

 

BAPTEMES : Sont devenus par le baptème, enfants de Dieu et membres de l'Eglise:

   Le 18 octobre 1934 : Blanche-Henriette RIONDEL, fille de Marcel RIONDEL et de Léa POLLIEN ( La combe-au-flée ). Parrain et marraine : Henri DUNOYER et son épouse.

   Le 28 octobre : Laurent-Jean GANIS, fils de Jean-Amédée GANIS et de Marie-Mélanie BLANC ( Vallon ). Parrain et marraine : Laurent et Thérèse BLANC.

 

MARIAGES : Ont été indissolublement unis par les liens su sacrement de mariage :

   Le 3 novembre 1934 : Ulric MONET et Blanche DURGNAT.

 

DECES : Ont été inhumés religieusement :

   Le 6 novembre 1934 : Louis-Basile PASQUIER, âgé de 31 ans ( Chènets )

   Le 16 novembre 1934 : Marie-Louise JAY, née DURIER âgée de 53 ans ( Plan-Praz )

SOUSCRIPTION POUR LES ORGUES : Total des listes précédentes : 11.609 francs.

Nouvelle liste : Anonymes, 50 fr ; 20 fr

Total général : 11.679 francs.

 

MALADIE ET MORT DE M. L'ABBE FAVRE :

L'heure du repos approchait pour notre infatigables ouvrier. Appelé à Samoëns auprès de son frère Michel, malade, M. FAVRE partit au printemps de 1938, à pied, le sac sur le dos comme toujours et sans ménager sa santé déjà bien compromise. Arrivé au milieu des siens, il leur prodigua ses soins sans en vouloir aucun pour lui. Il ne mangeait qu'une fois par jour, ce qui était sa règle en Carême. Son frère malade allant mieux, M. FAVRE ne resta que deux jours auprès de lui et repartit pour Albertville, en passant par Mélan. Le collège de Mélan était alors dirigé par des Pères Jésuites. La visite de l'abbé Favre à Mélan avait pour but d'implorer son admission dans la Compagnie de Jésus. Le supérieur de la maison lui dit "<revenez dans le courant de juin et vous commencez votre noviciat. "

De Mélan, M. FAVRE se rendit aux Couches, chez M. JACQUIER, curé. Mais il ne voulut accepter que pour une nuit la cordiale hospitalité de son ami, crainte de lui être à charge. Le lendemain, il partit avant le jour, à jeûn, et s'en alla dire la messe à Megeve. C'est alors qu'il contracta sa maladie mortelle. 

Laissons aux autres témoins oculaires le soin de raconter la dernière maladie et la mort de ce saint homme :

« M. FAVRE, retour de Samoëns, écrit M. BURGAND, supérieur du collège de Conflans, arrive à 5h. du soir, tout baigné de sueur. Pendant qu'on prépare le souper, il vient se réchauffer au soleil, assis sur les dalles du parapet de la cour : je m'y trouvais avec deux professeurs. Nous lui fimes observer que l'air vif et le froid pourraient lui être nuisible ; il se mit à l'abri du vent. Mais, malgré le besoin évident qu'il en à, il refusa de changer de linge. 

 « Le lendemain, il se trouva légèrement indisposé. Cependant, le soir, il s'offrit pour célébrer la messe de communauté du jour suivant qui était le Jeudi-Saint, jour ou l'on ne peut dire qu'une messe dans chaque église ou chapelle. Pendant la messe, il prit mal deux fois : ce ne fut qu'avec beaucoup de peine qu'il put achever. A midi, s'étant mis à table pour diner, il éprouva une répugnance invisible à boire et à manger, il n'accepta qu'une infusion. Le jour de Pâques, 15 avril, il fait appeler un élève pour lui servir la messe. pendant que l'élève prépare l'autel, M. FAVRE tombe évanoui au milieu du choeur. On le porte sur son lit, et dès ce jour, il n'est plus remonté à l'autel.

 

FETE DE L'ARMISTICE :

La fête de l'Armistice a été comme de coutume, célébrée à Samoëns, le 11 novembre dernier.

 A 9 h 1/2, les Mutilés et les combattants de la dernière guerre firent leur entrée à l'église, drapeaux en tête, et vinrent se ranger, en longues files, dans la grande nef qui leur était réservée. La messe fut célébrée pour ceux qui sont restés sur les champs de bataille et pour ceux qui, de retour dans leurs foyers, sont morts des suites de la guerre.

A l'évangile M. le Curé félicita les poilus de se souvenir de leurs frères d'armes et d'être venus prier pour ceux qui sont tombés à leurs côtés pendant la grande tourmente. Il les invita à rester toujours unis pour conserver la paix, pour que les efforts passés ne deviennent pas inutiles, pour que nos morts, du fond de leurs tombeaux, n'aient pas à regretter leur sacrifice. l'union de tous les Français est le meilleur moyen d'éviter la guerre. «Si vous êtes unis, vous serez forts. Et si vous êtes forts, on vous laissera la paix.«

Pendant la messe, L'Harmonie Jeanne d'Arc et la Chorale se firent entendre en des chants et andantes bien appropriés à la circonstance.

Après l'Absoute, les Anciens Combattants sortent de l'église et précédés des deux fanfares locales, suivis des autorités locales et d'un public, se dirigent vers le Monument aux morts. Là . Louis MOGENET, conseiller municipal, ancien combattant, se détache du cortège et s'adresse à ses camarades du front et à tous les assistants pour leur rappeler quelle était leur joie, le 11 novembre 1918, en ce jour de délivrance et de victoire qui faisait cesser l'affreux cauchemar dans lequel on se débattait depuis plus de 4 ans, mais aussi leur désillusion et déception, provenant du gâchis, des lâchetés, des turpitudes dans lesquels des politiciens sans conscience ont replongé la France.

Après la minute de silence qui à suivi ce discours, le cortège se remet en marche et fait le tour de la ville, entraînés par les pas redoublés de nos deux musiques.

Le soir, des agapes fraternelles réunirent à l'Hôtel de la Gare nos glorieux Poilus qui fraternisèrent comme pendant la guerre et terminèrent leur fête du Souvenir par la "Madelon" chantée par eux, à travers les rues. La dislocation eut lieu sous le Gros Tilleul.

Photo souvenir de cette journée du SOUVENIR 4 ans après !

Photo souvenir de cette journée du SOUVENIR 4 ans après !

Rédigé par hier à Samoëns

Publié dans #BULLETIN PAROISSIAL DE SAMOENS

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